En toute mauvaise foi

1966, naissance d’un charmant bambin accompagné d’un clone. En dehors de la particularité d’avoir un stock de pièces dès sa naissance, ce charmant bambin grandira normalement. Nous l’appellerons Machin afin de faciliter la compréhension.

Après avoir perdu toutes les billes qu’il avait volé a ses camarades de classe, ce petit génie des fonds de classe s’habituera néanmoins à l’éducation nationale. Les baffes maternelles prenant le relais après les heures de cours.

Très rapidement adepte du vélo avec les bouchons multicolores dans les rayons. Ces enfant s’essaiera au carton attaché avec une pince à linge. Le bruit proche d’une mobylette aura la particularité de faire se retourner les filles sur son passage.

Comprenant très rapidement que son pouvoir de séduction est lié à son véhicule et non pas à son physique, pourtant dans la pure tradition angevine, Machin n’aura de cesse de recréer ce pouvoir.

Etant mal informé, il achète avec ses propres deniers (gagnés à travailler chez les notables locaux), une 50 cm3 Yamaha RD. Machin ne retrouve pas le pouvoir du vélo, la 50 cm3 est moche et de plus les filles de son âge s’intéressent aux mecs pus âgés. Il en fait part à ces derniers et s’aperçoit qu’il n’est pas hémophile ! ’il cicatrise tout à fait normalement...). Il commence donc à écumer les bals disco avec des camarades. Blousons noirs et bottes de moto, ils enfournent leurs 50 cm3 et se dirigent droit vers la buvette du bal après avoir âprement discutés le prix d’entrée.

Et là surprise, il s’aperçoit que la bière lui donne une force et un courage, certes éphémère, mais réelle. Très rapidement, lui et ses camarades s’approprient ce dicton : boire ou conduire, d’accord, mais on va quand même pas rentrer à pieds !

Il s’intéresse de plus en plus aux motards présents et souhaite leur ressembler. Quoi de plus beau qu’une dizaine de motos avec des mecs en vieux barbours qui racontent leurs exploits. Il passe donc son permis moto, rêve d’une 1000 cm3 et se retrouve avec une 125 cm3 RD !!! cette dernière étant plus proche de ses possibilités financières. Mais qu’importe le voilà promu au rang du motard. Il se retrouve donc au bar avec les motards à barbour. C’est la déception, les exploits de ses idoles se résument à une forte accélération du bar au bal local.

Ce jeune avec une poignée d’autres jeunes, tout aussi têtus, commencent à faire les concentres. Les rencontres se multiplient et ils finissent par créer leur propre moto-club.

Ils organisent leur concentre, et se retrouvent de l’autre côté de la buvette ! Les sujets de conversations les plus récurrents étant, la chute du marché mixte à travers l’économie internationale et le prix d’une bière, ils s’en donnent à coeur joie. Après une dizaine d’années de ce régime, la moto est devenue un mode de vie.

Entre temps, Machin aura acheté une 400 RD (quand je vous disais qu’il était têtu), puis se dirige vers la firme allemande avec une 600 puis une 750 BMW déjà vieille à l’époque...).

Il crie haut et fort pendant 10 ans qu’il n’y a que les motos européennes qui l’intéresse et s’achète une Yamaha 1200FJ. Là, il ferme sa gueule pendant un moment, ne pouvant répondre à tout le monde en même temps...

A l’orée de de sa trentième année, il se retrouve avec un fils et une moto solo. Machin cherchant à faire compliquer, décide de se mettre en couple avec une jeune femme qui, elle-même, a un enfant. Il roule avec les gosses à tour de rôle sur le réservoir, et se dit qu’il ne faut pas le faire et lorsqu’il ne se dit rien, on lui rappelle... On s’aperçoit que l’influence de sa compagne commence à jouer.

Machin commence à regarder les side-cars puis décide avec Machine (sa compagne) de se lancer. Machin et Machine en achète un. très rapidement , il se dit qu’il a fait une connerie. Machin voudrait bien aller droit avec son bestiau (ne serait-ce que pour éviter de passer pour un abruti dans son village), alors que l’engin lui, en a décidé tout autrement. Il déclare donc à ses camarades qu’il roule doucement pour ne pas faire mousser les bières qui sont dans le coffre !

Puis finalement, il finit par comprendre le fonctionnement : il jette ses dernières neurones et se met à penser qu’il a plusieurs vies. Et là, ça va beaucoup mieux !

Au plus fort de cet appauvrissement mental, il demande la main de Machine. Et elle dit oui (ce qui force le respect). Un premier enfant nait qui rejoint les deux autres dans le side. Comme il n’y a plus de place dans le panier, il lui trouve une place dans le nez de celui-ci. Machine qui se dit que tout cela va mal tourner, passe son permis moto et se retrouve avec son propre side. Machine et Machine décident que tant qu’à faire que d’avoir des places libres autant les combler. Donc pendant leurs loisirs, ils font des enfants. Arrivé à 5, Machin et Machine se disent que ça commence à bien faire, et décident d’un commun accord de passer au simulacre de la reproduction. Bien leur en fait.

Pendant ces dix glorieuses années, il rencontre des sidecaristes de l’ASF. Pensant que pour une cotisation modique, il aura droit à toutes les Autoroutes du Sud de la France, il signe. Mais que nenni ! après quelques explications Machin et Machine et les Machineaux trainent leurs guêtres dans les différents rassemblements. Là aussi Machin aura besoin qu’on lui explique ce qu’est un RSCF, un RDS, l’ASF, le SCCF, etc etc... En contre partie, il fait les beaux jours des buvettes. Il y apprendra qu’une Guzzi attelée arrivée à 16h à 130 km à fond est à 4h du matin, plus rapide d’une bonne trentaine de kilomètres heure. Que si le gars qui t’as dit bonjour à 16h ne te reconnait plus à 4h, c’est tout à fait normal. Machin se retrouve en terrain connu. N’est-il pas d’aussi mauvaise foi que ses camarades, lorsqu’il soutient qu’il ne s’est pas perdu, mais qu’il souhaitait leur faire connaitre le village à 30 bornes du RSCF ! Machin qui ne recule jamais devant l’adversité reprend le poste de président ASF de sa région, et décide en accord avec son bureau (en réalité une bande de copains à forte déficience mentale) que la première chose à faire est d’organiser un RSCF pour pouvoir mettre une buvette. C’est à se demander s’il ne serait pas plus intelligent de motoriser le buvette. Machine qui pense qu’il est préférable que le président couche avec la secrétaire prend tout de suite le poste. Depuis, Machin et Machine et leurs Machineaux courent toujours les rassemblements, se sont fait plein de copains. Machin et Machine se sont construits une vie où ils sont leurs propres héros. Machin ne se retourne pas sur le passé, accepte son présent, et se marre en pensant à l’avenir. Qu’est-ce qu’on va prendre ! Machin sait juste qu’avec une bande de potes, de la mauvaise foi, des gosses qui crient, des femmes qui nous aiment, des sides, des nouilles et une buvette, il a réussi sa vie.

Machin :

et pour les pessimiste : Sache qu’au jour de ta mort, si tu choisis l’incinération, ce sera ta dernière cuite, tandis qu’enterré, tu auras toujours une chance d’avoir un petit ver dans le nez.








Dernière mise à jour le 19-02-2010